Jo Ann von Haff

Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à mes questions afin que Les Wordettes et leurs lectrices puissent vous découvrir en quelques lignes. Et nous n’attendons qu’une chose : tout savoir sur vous et sur votre roman LA REELLE HAUTEUR DES HOMMES paru aux Editions Black Moon il y a quelques jours.

 

-   En quelques mots, pouvez-vous vous présenter à nos lectrices qui vous découvrent pour la première fois ; comme moi-même d’ailleurs ?

Je m’appelle Jo Ann von Haff (sans tirets, sans e, tout en espaces et un petit v !) (la faute à mon père). Je suis née en Angola, Afrique Australe, sur la côte Atlantique, mais j’ai vécu deux tiers de ma vie à l’étranger. J’écris de la romance, de la littérature générale et de la fantasy, mais tous mes textes ont des thèmes en commun. 

 

-   Exercez-vous un métier annexe ? Si oui, lequel ? Vous êtes libre de répondre ou non.

J’aime tout dans la construction d’un texte. J’ai donc suivi une formation au métier de correcteur, mais c’est l’édition qui me passionne, à savoir traquer les incohérences, renforcer certains traits, faire des coupes claires quand nécessaire (et sans états d’âme). Certains auteurs ont vu leur texte fondre comme neige au soleil après mon passage… *je ne suis pas folle, vous savez ?* C’est pour ça que j’ai tendance à écrire des romans (trop ?) courts.

 

-   Comment vous est venue votre passion pour l’écriture ? Etait-ce un rêve d’enfant ?

Pour être honnête, enfant, je détestais lire ! À mes 10 ans, un ami de mon père m’a offert une dizaine de romans à l’occasion du 1er juin, la journée internationale des enfants. Ces livres ont pris de la poussière pendant des mois jusqu’au jour où, ennuyée à mort, j’ai pris un des romans qui appartenaient à une série qui dure jusqu’à présent (Uma Aventura pour les lusophones qui nous lisent !). Et découverte : j’ai adoré et j’ai découvert que la lecture n’était pas une punition. (Je n’ai jamais remercié cet ami, mort il y a quelques années, j’aurais dû.)

Pour l’écriture, c’est arrivé en sixième en cours de français avec les rédactions. Je remplissais des copies doubles et ma professeure à l’époque m’encourageait. Les années suivantes, je n’ai pas retrouvé cette même motivation, mais cette professeure a su faire germer cette graine. Cette fois-ci, je me suis souvenue de la remercier. Il a pourtant fallu attendre ma seconde pour que j’écrive mon tout premier roman. À partir de là, je n’ai plus cessé.

 

-   Quels sont les auteurs et styles de littérature qui vous ont inspirée et décidée de franchir le pas ? Et quand avez-vous franchi ce pas ?

J’ai sauté des romans jeunesse aux Harlequinades sans transition, mais fin des années 1990, il n’y avait que des baisers et des ellipses, donc j’ai fait pareil ! Quand je suis arrivée en France pour faire des études de psychologie, j’achetais des quantités absurdes de romans en littérature générale et je me suis tournée vers ce (non-)genre. En lisant Les Noces indiennes de Sharon Maas et La Dernière Valse de Mathilda de Tamara McKinley, j’ai compris ce que je voulais créer : des histoires qui touchent, qui font rire ou qui font pleurer, voire les deux.

 

-   Etes-vous passée par une plateforme d’écriture en ligne telle que Wattpad, Fyctia ? Si non, qu’en pensez-vous ?

En début d’année, j’ai décidé de me lancer dans l’expérience d’écrire la porte ouverte et je me sers de la plate-forme Atramenta où on n’a pas besoin d’être abonné pour me lire. Quand je termine un roman, je le passe alors en mode secret, et uniquement les abonnés de mon site (www.joannv.com) peuvent y avoir accès. Ce sont des romans qui ont encore besoin (de beaucoup) de travail, mais l’idée qu’ils aient une vie en attendant me plaît bien.

Je ne suis pas sur Wattpad à cause de l’obligation d’inscription et le règlement de Fyctia concernant les droits m’a refroidie.

 

-   Vous écrivez mais aimez-vous dévorer les livres de vos confrères ? Si oui, quel est le dernier en date ?

J’ai la chance, en plus, d’avoir des amies bourrées de talent, alors quand il s’agit de dévorer, je sais vers qui me tourner. Je n’ai rien dévoré, ces derniers temps, je vais donc faire ma rebelle (pardon).

La série Alice de ma jumelle cosmique Suzanne Roy vient de sortir chez ADA (Québec). J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Il y a aussi les séries Animae (Éditions de l’épée et Livre de poche) et Scorpi (L’épée et Calmann-Lévy à partir d’octobre) de Roxane Dambre. Si vous voulez rire (contrairement à Alice, n’est-ce pas), n’hésitez pas une seule seconde. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, mais en riant. ;-) Et pour terminer, Chloé Duval, reine de la romance doudou, avec Parce que c’est toi et Le Temps volé chez Milady, qui vous donne le sourire du début à la fin. Mais quand je parle sourire, c’est le genre de sourire bête qui ne s’efface pas même après avoir terminé.

Je suis très fan de ces filles-là, pour tout un tas de raisons.

(PS : il y a de l’amour dans tous ces livres, alors lectrices romantiques, allez-y. Mais préparez les mouchoirs pour Alice, quand même. Je dis ça…)

 

-   Avez-vous un moment propice dans la journée où toutes les idées vous viennent sans prévenir ? Ou vous mettez-vous devant votre ordinateur pour laisser libre cours à votre inspiration ?

Un moment propice ? Sigmund ne sait pas ce que ça veut dire. (Sigmund est mon cerveau. Je lui ai donné un nom parce qu’il est vraiment difficile à gérer…) Un mot, un grain de sable, une mélodie, une conversation, un accident… J’ai un tableau magique qui consigne toutes mes idées, comme ça, je suis à peu près tranquille.

 

Maintenant, parlons un peu de votre livre : LA REELLE HAUTEUR DES HOMMES, roman atypique à mon sens, dans le monde de la romance.

 

J’ai eu le grand honneur et bonheur d’en faire la chronique pour le blog WORDS OF LOVE compte, en ses membres, des passionnées de lectures romantiques.

♥♥♥

 

-   Vous avez pu découvrir cette chronique. Pensez-vous qu’elle reflète les sentiments que vous avez voulu transmettre à vos lectrices ? Si non, qu’aurait-il fallu modifier ou ajouter ?

Je pense qu’elle est parfaite, rien à ajouter, rien à modifier ! 

Je dois avouer que j’ai été très chanceuse car je ne suis jamais tombée sur une chronique, positive ou négative, qui dévoilait les pourquoi du comment et j’en suis très, très, reconnaissante. Vraiment.

 

-    LA REELLE HAUTEUR DES HOMMES, est-il votre premier roman ? Si non, par lequel avez-vous débuté ?

Je suis entrée dans l’édition en 2006 par la mauvaise porte et j’en parle uniquement pour alerter les écrivains débutants au piège du compte d’auteur.

 

-   Acceptez-vous, sans spolier bien sûr, de nous confier de quelle manière les personnages de Jonathan et Mélanie vous ont été inspirés ? Et pourquoi le choix du métier d’illustratrice pour Mél ? J’ai adoré cette idée et j’aurai même aimé que le roman inclus quelques-unes de ces illustrations.

Sigmund, mode d’emploi. :-D

L’idée de départ m’est venue en regardant Game of Thrones. Il y a eu une scène particulière qui m’a bouleversée (et pourtant, dans cette série, on en est bien servis) et qui a tout de suite résonné en moi. Et si… ?

Littlejohn est blogueur parce que c’est une des meilleures manières de s’exposer sans jamais montrer son visage. Et je voulais qu’il ait une influence globale, alors il est anglais. Quant à Mel, je ne me souviens plus exactement comment elle m’est venue à l’esprit, mais je me suis inspirée des blogs BD. Elle est plus ou moins anonyme, elle aussi, car elle ne montre jamais réellement son visage, et j’aime ce double mystère. J’ai joint les deux et j’en ai écrit une nouvelle. Mais quand j’ai mis le point final à ce texte court, Littlejohn et Mel se sont liés à Sigmund pour me dire qu’ils n’en avaient pas fini…

 

Il y a sujet abordé dans votre livre qui est la différence et l’acceptation de soi dans le regard de l’autre. C’est un sujet délicat et qui n’est pas forcément facile à traiter et à décrire dans un livre.

 

-    Comment êtes-vous parvenue à le développer de manière aussi complète sans tomber dans une certaine lourdeur mélodramatique ?

Merci pour le compliment ! ♥ Mais au risque de paraître nulle, je n’ai pas décidé de le faire de cette façon : j’écoute juste mes personnages. On m’a pourtant déjà reproché de trop appuyer sur le message. Difficile de faire autrement lorsque mon idée de départ est celle-là… On m’a également reproché de ne pas rendre Littlejohn plus « homme ». Pour cette critique-là, j’assume complètement, entièrement, totalement, sa personnalité (et sa sensibilité). J’ai essayé de trouver l’équilibre en ayant, face à lui, j’ai une femme sûre d’elle, lumineuse, optimiste, forte.

Et la princesse qui sauve le prince charmant, c’est bien aussi, non ? ,-)

 

-    Pour terminer cet entretien, pouvez-vous nous dévoiler si vous avez un projet d’écriture en cours ?

Vous tombez bien, les corrections éditoriales de ma prochaine romance viennent de tomber !

 J’ai d’autres publications, en littérature générale et en fantasy. Je fais le grand écart entre les genres, mais j’espère que vous me reconnaîtrez tout de même entre mes lignes. 

 

Nous avons toutes et tous notre propre ressenti et notre façon d’appréhender une histoire ; et de se l’approprier ou non. Mon ressenti est plus que positif concernant votre roman même si je suis plus à l’aise avec des livres écrits à la première personne.

 

J’ai été ravie de vous découvrir et j’espère avoir le plaisir de vous lire, à nouveau, dans un roman tout aussi surprenant et touchant.

 

Merci pour le précieux temps que vous m’avez accordé pour réaliser cet entretien. Je vous souhaite le meilleur à venir et surtout continuez à nous enchanter.

 

Merci moi ! Merci d’avoir donné un temps d’antenne à Littlejohn et à Mel, j’en suis touchée.

(J’adore les questions.)

 

 

Propos recueillis par Norma le 19/09/2016

Crédits photo © Marie-Armelle Giorda pour Vivre En Angola (VEA), 2015

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