Julie HULEUX

~ Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

« Bonjour, Julie Huleux, écrivain. » Je me présente souvent comme ça dans la vie, juste avant la poignée de main. C’est audacieux ? C’est surtout simple ! Je signe sous mon vrai nom et j’écris des histoires. C’est une bonne définition. Pour varier, je dis aussi « romancière ». A part ça, j’ai 34 ans, trois petits points tatoués sur le poignet droit, la chevelure teinte en rouge foncé, une garde-robe de mini pin-up, et une spécialisation depuis un an dans les fictions mettant en scène des pompiers.

       

~ Comment est venue votre passion pour l'écriture ? Etait-ce un rêve d'enfant ?

 

J’ai toujours écrit. Je crois que c’est même inscrit dans mes gènes. Mes parents sont des intellectuels, amoureux des belles choses et des belles lettres, alors forcément… Enfant, je voulais être -dans le désordre- archéologue, avocate et strip-teaseuse. Ado et jeune adulte, je me rêvais scénariste et réalisatrice de films. Aujourd’hui, grâce à mes personnages, je suis devenue tout ça à la fois, et même plus ! C’est comme si tous les chemins que j’avais empruntés, que ça soit les études de cinéma, les mots griffonnés sur des papiers, les poèmes écrits à quatre mains, assister mon père journaliste, les jeux de rôles sur forum, et les premiers textes publiés sur un blog, m’avaient amenée à ce point précis. A devenir écrivain.

     

~ Quand vous vient l’inspiration, y-a-t-il des moments propices pour l’écriture ?

 

Pablo Picasso a dit : « L’inspiration doit vous trouver au travail ». Ce qui signifie que l’on commence à travailler sur sa création avant même que l’inspiration vienne. Et je partage ce point de vue. L’inspiration est un animal mythique, et une muse capricieuse. Elle nous visite sans prévenir. Il ne faut donc pas l’attendre ou compter dessus pour se mettre à l’œuvre. Je tache de m’enfermer dans mon bureau tous les jours pour écrire. Idéalement avec le soleil, en fin de matinée ou dans l’après-midi. Et c’est pendant cette séance d’écriture, où je visualise et décris la scène, les personnages et l’action, que tout à coup la magie opère. L’inspiration est là, comme une étincelle de vie soufflée sur l’histoire. Et quand ça ne veut pas… alors j’arrête tout. Je vais prendre l’air, admirer la nature et écouter les gens. L’inspiration aime se cacher parfois dans des petites choses de la vie.

     

~ Avez-vous été inspirée par d'autres auteurs ?

 

Oui. Indéniablement. Mais comment ? Alors là... C’est en lisant des livres que l’on apprend la langue, la structure narrative, la beauté d’une tournure de phrase ou l’efficacité d’une ellipse. On apprend aussi ainsi la complexité d’un personnage, à créer de la surprise, à creuser un détail. Et on apprend surtout l’audace de ceux qui nous ont précédés, dans le style, le fond et la forme. Alors Fred Vargas m’inspire, Alessandro Baricco, Nicole de Buron, Katherine Pancol et Daniel Pennac m’inspirent aussi. Certains de mes amis auteurs et des gens avec qui j’ai eu la chance d’écrire par le passé m’inspirent également. Chacun a son petit truc qui fait écho en moi artistiquement.

     

~ Est-ce que vous vous êtes inspirée d’une personnalité pour créer certains de vos personnages ? ou d’une personne de votre entourage ?

 

Ah ah ! On touche là à quelque chose qui est de l’ordre du secret de fabrication… L’entourage d’un auteur SAIT qu’il va finir d’une manière ou d’une autre dans un livre. Physiquement, ou psychologiquement, d’un trait de caractère ou d’une habitude de vie, il va donner quelque chose à un personnage d’une histoire. C’est inévitable ! Je me suis donc inspirée d’hommes que je connais pour les pompiers de La Love Compagnie. Pas tels quels, non. Par morceaux. Certains avec des gros bouts de réalité humaine dedans, d’autres non. Mon chéri a un personnage inspiré de lui ! Un de mes plus proches amis aussi. Mais qu’ils me fassent une crasse, et les personnages en question périront dans d’atroces conditions ! Mwahaha ! C’est devenu plus rare que je m’inspire d’une ‘personnalité’. Il y a bien le comédien Michael Vartan (de la série Alias) qui est à la base du personnage du Lieutenant Mathias Namara (dans « La Love Compagnie » et dans « Miss Exquise »). Et il y a la top modèle Oluchi Orlandi, comme inspiration pour le personnage de la mystérieuse et dangereuse Eve dans « Miss Exquise ». Mais ! Mais… justement, cette question de la source d’inspiration ‘célèbre’ est le déclencheur d’un de mes prochains romans. Une mise en abîme, mettant en scène une romancière et le comédien dont elle s’est inspirée pour écrire une série à succès. Entre l’homme imaginé et l’homme réel, il y a un monde !

     

~ Pourquoi avoir choisi Paris pour la Love Compagnie ? Est-ce une ville que vous adorez plus qu'une autre ?

 

Le choix était purement pratique. D’abord parce que le lieu permet une multitude d’interventions. Métro, train, aéroport, routes, ponts, commerces, bars, habitations, bureaux, lieux touristiques… vous avez tout au même endroit. Ensuite, parce que les Pompiers de Paris ne sont pas tout à fait des pompiers comme les autres. Contrairement aux professionnels et volontaires qui assurent les secours dans le reste de la France, les Pompiers parisiens dépendent de l’Armée de Terre. Ce sont des militaires, avec toutes les nuances que cela sous-entend. Et cet aspect-là m’intéressait vraiment. A noter que les Marins-Pompiers de Marseille sont aussi une exception captivante. Ils appartiennent à la Marine. Et pour finir, j’ai choisi de placer l’action dans la Capitale par respect pour l’inspiration. Car c’est en reprenant contact avec un ami d’enfance, qui m’annonçait qu’il avait intégré la prestigieuse Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, que j’ai eu l’idée de la série !

     

~ Vous écrivez…mais aimez-vous dévorer également les livres de vos confrères ? Si oui, quel est le dernier en date ?

 

Je lis comme j’écris : passionnément mais lentement. Alors je ne dévore pas les livres de mes confrères, mais je les déguste par petites bouchées. Surtout que j’ai la chance d’avoir des auteurs talentueux dans mon cercle de relations. J’ai ainsi en cours depuis des mois « Désirs Tu » de ma copine Louise Manet, je goûte au recueil « Petites histoires entre nous » de mon complice Wen St Clar, et je m’apprête à commencer « Le gout du thé, celui du vent » de mon amie Eve Borelli. Puis « La Joueuse de Poker » de ma copine Anna Lyra. Tout en lisant du Pancol et du Murakami.

     

~ Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

 

Maintenant que « La Love Compagnie #3 » est bouclée, je vais me pencher sur une nouvelle d’espionnage commencée l’automne dernier. Une centaine de pages sulfureuses et haletantes, avec le personnage d’Eve – ma panthère noire- en mission en Corée du Sud. C’est une sorte de spin-off de « Miss Exquise », puisque j’y raconte une aventure qui a eu lieu avant le roman. L’ambiance, le thème et le style n’ont absolument rien à voir. Et comme il ne s’agit pas d’une histoire de pompiers non plus, je vis ça comme une pause. Ensuite, je vais revenir à mon univers de prédilection, et plonger corps et âme dans l’écriture de mon deuxième roman. Il s’agira d’un roman New Adult sur fond de… Sapeurs-Pompiers, évidemment ! Rien à voir avec « La Love Compagnie », si ce n’est le milieu et le personnage principal qui n’est autre que le petit frère de l’un de nos Pompiers de Paris. Ce nouveau roman sera plus clairement une romance que tout ce que j’ai pu écrire pour le moment. Mais j’ai aussi envie de quelque chose de plus sombre et de plus intense. On va voir ce que ce mélange va donner. Ce manuscrit-là va m’accaparer pendant des mois. De juillet à décembre, au bas mot. Il est attendu par deux grosses maisons d’édition. Ah, ça met un peu de saine pression !

     

~ Avez-vous des conseils à donner aux personnes qui hésitent à se lancer dans l’écriture ?

 

Ecrire ne coûte rien. Si c’est juste écrire pour vous, je veux dire. Il n’y a donc aucune peur à avoir pour se lancer dans un projet d’écriture. Aucun risque à craindre. Si c’est écrire pour être lu, en revanche, c’est-à-dire écrire pour quelqu’un (et le lecteur est quelqu’un), alors il faut aborder les choses avec humilité et sérieux. Ecrire prend du temps, beaucoup de sueur, d’encre et de morceaux de vous. C’est long et fastidieux de faire le trajet entre l’idée dans la tête et les mots sur papier. Certains auteurs sont prolifiques et de nombreux livres donnent l’impression que leur écriture fut facile, mais ne vous attendez pas à ce que ça soit votre cas. Ecrire n’est PAS facile. C’est aussi jouissif que c’est laborieux, car écrire, comme tout acte créatif, demande du travail. Je ne dis pas cela pour vous décourager, mais pour vous préparer. Une histoire est une chose merveilleuse qui ne s’obtient pas sans effort. D’autant plus si vous envisagez un roman. Là, c’est gravir l’Everest ! Mais d’autres l’ont fait avant vous, et d’autres le feront après vous. Alors si vous avez la passion, le goût des mots, et la patience méticuleuse d’un artisan conteur, pourquoi pas vous ?

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