FREE FALL - Leah RAEDER

Maise O’Malley vient de fêter ses 18 ans et s’apprête à commencer des études de cinéma. Cette jeune fille au caractère bien trempé, qui prétend n’avoir peur de rien et ment volontiers sur son âge, a toujours eu l’impression d’avoir grandi trop vite. Quand elle rencontre Evan un soir dans une fête foraine, l’attirance est immédiate, intense, et pour elle sans lendemain. Pourtant, dès le jour suivant, Maise ne pense à rien d’autre qu’à lui. Ce trentenaire lui fait découvrir combien l’amour peut être plus qu’une brève rencontre, qu’il peut révéler une complicité inattendue avec un homme qui la comprend réellement. Un homme qui voit derrière ses bravades la petite fille effrayée et courageuse qu’elle est en réalité. Le jour de la rentrée, Maise découvre avec stupeur qu’Evan n’est autre que Mr Wilke, son nouveau professeur de cinéma. Tous deux décident d’interrompre leur liaison, mais leurs sentiments les rattrapent : ils sont incapables de résister à leur attirance mutuelle. Si à l’université et devant les autres, Maise et Evan sont deux acteurs feignant l’indifférence, dès qu’ils partagent des moments ensemble, ils se sentent vivre et être pleinement eux-mêmes. Mais leurs masques sont fragiles et menacent souvent de tomber. Les élèves les observent, les rumeurs courent… Commence alors un jeu dangereux dont il leur sera difficile de sortir indemnes.

 

Un livre, c’est quoi ? Des pages remplies de mots qui racontent à des lecteurs une histoire inventée par un écrivain ?


En théorie, peut-être. En réalité ? C’est un condensé d’émotions, de ressentis, de singularités. Chaque livre que je lis me paraît différent. Chacun m’apporte un dosage de ressentiments unique. Il est bien difficile de les comparer.


Free fall ne fait que me conforter dans cette idée. Ce livre est différent. Je l’ai trouvé d’une noirceur éblouissante.

 

Le thème abordé est assez controversé: la relation entre prof et élève. Vous pensez à Indécent de Colleen Hoover? Rien à voir! Ce roman est sombre malgré la relation passionnelle. La vie familiale de Maise, l’héroïne, est chaotique. Evan, malgré ses 15 ans de plus, traîne les fantômes de son passé.

Ces deux personnages vont tenter de passer outre leurs sentiments mais la passion l’emporte souvent sur la raison. Reste une solution: vivre cette relation en se cachant, prendre le risque d’être démasqués, de tout voir s’écrouler. Mais est-ce que l’amour peut vraiment tout surmonter? Et jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Est-ce vraiment de l’amour ou juste l’excitation de braver l’interdit ?

 

Ce qui m’a le plus frappé dans ce roman, c’est le contraste entre la noirceur du décor (scènes de nuit, retrouvailles secrètes, peur d’être découverts, environnement familial, chantage, trafic) et la poésie de l’écriture: la description est très imagée, les métaphores s’enchaînent. J’ai trouvé cela d’une beauté déconcertante, tant de lumière dans un paysage aussi glauque.

 

L’auteur a joué avec mes nerfs. On pourrait penser qu’il y a quelques longueurs mais après avoir fini le livre, je comprends que chaque passage était légitime. Ça rend dingue de voir une relation aussi passionnée et de se demander si à un moment tout ne va pas s’effondrer, s’ils ne vont pas se faire prendre et quelles en seront les conséquences.

 

Maise suit des cours d’études cinématographiques. Cet environnement se ressent dans le livre. On a l’impression de voir des scènes coupées. Il n’y a vraiment de transition d’une scène à l’autre.  On est là puis hop on passe ici. Ça peut être assez déroutant mais je trouve que ça rend ce livre singulier, un peu à part, comme un film du cinéma indépendant.

 

Pour conclure, je me sens un peu étrange, ressentant presque un malaise. Cette histoire ne m’a pas laissé indifférente. J’aime? Je n’aime pas? A vrai dire, ce n’est pas l’essentiel en fin de compte. J’ai ressenti quelque chose de différent à cette lecture et quelque part, c’est ça qu’on recherche quand on prend un livre: ressentir, réfléchir, se sortir de sa routine.


Merci Leah Raeder de m’avoir dérouté.

 

galie

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